Il y a quelques années, je suis allée à la BNF (Bibliothèque Nationale Française à Paris) pour voir une expo sur des manuscrits, sutras et peintures ayant un millier d’années et provenant des grottes de Mogao à la lisière du Turkestan chinois.

En 1906, le français Paul Pelliot s’embarquait dans une expédition sur la route de la soie. C’était l’époque où la France et l’Angleterre étaient dans une compétition acharnée…c’était à celui qui pillerait les trésors les plus extraordinaires pour orner leur musée respectif (British Museum vs le Louvre). L’espion anglais Aurel Stein avait découvert quelques mois auparavant les mystérieuses grottes de Mogao avec toutes ces cavités remplies de sculptures et peintures bouddhistes. Il était reparti avec quelques 7000 manuscrits et 500 peintures. Les anglais pensaient donc avoir gagné sur ce coup-là. Mais les français n’avaient pas dit leur dernier mot : même si Pelliot était arrivé quelques mois en retard, il avait l’avantage de parler 13 langues dont le chinois et autres langues utilisées sur les manuscrits. Donc là où l’anglais avait pris des manuscrits au hasard, Pelliot pris le temps de les parcourir (voir photo de droite) et ramena ceux dont les textes étaient les plus intéressants.


Bon, j’ai un peu dévié du sujet, je voulais juste dire que lorsque je suis allée voir cette expo à la BNF, j’ai vu des vieilles photos en n&b de cette époque, dont une qui m’a fascinée : un monastère ancien caché au milieu du désert, entouré de dunes sublimes, avec quelques plantes alimentées par un mystérieux petit lac qui demeurait malgré l’aridité. C’était à quelques kilomètres des grottes de Mogao. Je suis restée bloquée sur cette photo et je me suis dit : « un jour, j’irai. »



22 September 2008
Si c’est encore obscur pour quelques uns d’entre vous, l’objectif de ce voyage est de découvrir l’ouest de la Chine, le pays des ouighours (imaginez une ethnie à l’opposé total des chinois - Han - et vous aurez une idée de qui sont les ouighours).

Mais comme c’est mon Dernier voyage en Chine (comme à chaque fois que je vais en Chine), je voulais quand même voir une fois dans ma vie la ville de Pingyao. C’est une des 3 seules villes chinoises classées au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est une vision unique : une ville fortifiée restée intacte depuis plusieurs siècles…et c’est d’autant plus précieux que la Chine change trèèès vite !


Donc voilà quelques images de Pingyao. Quand on entre dans les remparts sur notre petite carriole (voitures interdites dans la ville) on reste silencieux tant on est saisi par cette vision d’un autre siècle.
Photo de droite: Enfant "gitane" faisant du cirque dans la rue pour ramasser quelques pièces


La ville connu son apogée aux XVIIIe-XIXe avec son business de banques. L’architecture est de style Qing et pour notre plus grand bonheur, les néons sont interdits intra-muros… Tous ceux qui connaissent la Chine savent à quel point ils ont dû se faire violence pour respecter cet interdit. En effet, le chinois par nature adoooore les néons, plus c’est kitch, plus c’est la « classe ».

L’un des plus grands plaisirs lorsqu’on visite Pingyao, c’est d’y passer la nuit. Non pas que l’ambiance soit de folie (bien au contraire), mais pour l’expérience de vivre l’espace d’une ou deux journées dans une maison traditionnelle, avec la cour, les persiennes, le décor magique des chambres et le dédale de petites pièces mystérieuses… Pour les initiés, ‘Epouses et Concubines’ a été tourné dans cette ville.
PS: Tout est gris mais c’est normal…autrefois le jaune était la couleur de l’empereur et les autres couleurs appartenaient à la cour et aux élites. C’est ainsi que le peuple devait rester humble en n’utilisant que du gris.
2 jours plus tard, on fait 6 heures de bus pour rejoindre Xi’an depuis Pingyao. Arrivés dans la ville, il nous a été impossible d’attraper un taxi car c’était un soir de déluge. On a fini par monter sous la pluie dans un petit tuk tuk avec nos gros sacs mais au bout de quelques mètres, à un carrefour énorme, on a évité de justesse un très grave accident (la nuit, la chaussée glissante, les voitures dans tous les sens). Du coup, on a refusé d’aller plus loin. Après une bonne heure sur le trottoir à essayer à nouveau d’attraper un taxi sous le déluge (nos affai
res à l’intérieur des sacs étaient trempées), un chinois a eu pitié de nous et a appelé les flics pour nous embarquer !! Il ne faisait que nous répéter des « Welcome in China » « Welcome in China » !! Il avait bien appris la leçon avant les JO.
Donc les flics sont venus en renfort, girophares et sirène fusaient dans tous les sens. Plein de chinois étaient aux fenêtres des restos et magasins pour regarder ces deux occidentaux se faire embarquer ! Ils nous ont finalement emmené manu militari dans une auberge de jeunesse. Tous les routards présents nous dévisageaient et spéculaient pour comprendre ce qui avait bien pu se passer ! On était bien embarrassés, mais au final, ça nous a valu une bonne crise de rire. Et en partant les flics ont sorti la seule phrase qu’ils connaissaient en anglais : « Welcome in China » !
19 September 2008

Une semaine après les Jeux Olympiques, on arrive à Pékin. Tout ceux qui n’ont pas vu Pékin depuis plusieurs années - voir plusieurs mois - ont du mal à reconnaitre la ville. Ciel bleu, peu de circulation, peu de monde dans les rues, l’air est beaucoup moins pollué qu’à l’accoutumé. La ville est propre et très ordonnée, les gens sont polis, les chauffeurs de taxi sont sympas et la course est bon marché. On ne croise aucun mendiant.

Pour les JO, la ville a été fortement remodelée. Ceci, dans le but de donner plus de vie et une meilleure image du pays.
Des quartiers entiers de hutongs (ruelles de maisons basses constituant la vieille ville) ont été détruits, même ceux classés par l’UNESCO. On estime a plus d’un million le nombre de personnes déplacées pour ces transformations. Résultat : ces nouvelles artères commerçantes (genre EuroDisney voir photos ci-dessu) qui font la joie des touristes aussi bien chinois qu’étrangers (nous on n’ai,e pas du tout). Et des touristes chinois, il en a beaucoup… la classe moyenne y représente 400 millions de personnes. Pour les déplacés, ils se retrouvent dans des barres de bétons sur le sixième périphérique de Pékin avec comme avantage des sanitaires chez eux et l’eau courante.
Concernant les droits de l’Homme, la question épineuse en Chine, c’est difficile de se rendre compte de quoi que ce soit – à part le fait qu’Internet est clairement filtré, tous les sites ne sont pas accessibles (surtout les sites français).
En tout cas, une chose est sûre, la majorité de la population han est très fière de son pays et ne voit pas trop ce qu’on lui reproche.
D’autres hutongs ont été rénovées en façade (seulement !) pour devenir de magnifiques petites ruelles paisibles bordées de saules et de café genre Greenwhich village revisité ! (photos du dessu)
Trois jours plus tard le mirage créé par les JO se dissipe quasi instantanément ! La circulation alternée est suspendue, les usines reprennent, le ciel se redrape de sa brume de pollution habituelle, le trafic est infernal.
Pendant que Muriel travaille sur son rapport de stage, dans un café bobo de la rue je découvre la ville de Pékin en solo.
Tian amen, la Cité Interdite, le Palais d’été, les musées etc… et bien sûr The Muraille de Chine. Pas sportif (enfin toujours plus que les Barnier vu comme mon exploit a impressionné Muriel), j’ai pris mon courage à deux jambes et je me suis lancé pour parcourir 8 km de la muraille à pied à travers les montagnes. Bilan : levé 5h du mat, 4 heures de marche, 3 jours de courbatures et des souvenirs plein la tête !

Le renouveau n’est pas qu’économique, l’art connaît un essor fulgurant. Dashanzi est incontournable ! Cette ancienne usine communiste désaffectée depuis 2000 a été rapidement squattée par les artistes chinois. Cet endroit surprenant est aujourd’hui un haut lieu de l’art contemporain. Les galeries les plus tendances y ont installé une succursale. Mais malgré son succès, cette zone immense n’a rien perdu de son charme artiste bohème…


On peut y voir des expos vraiment incroyables, beaucoup de mises en scène, sculptures dégantées, photos intrigantes…et plein de petites terrasses où on se délasse entre 2 galeries, des images et de l’inspiration plein la tête… Côté Paris, Pompidou et le Palais de Tokyo peuvent aller se ranger…, quant à Londres et NYC, il ne faut surtout pas qu’ils se reposent sur leurs lauriers.
En résumé, on adore Pékin ! Oubliez le long weekend à NY, un billet pour Beijing, vous en reviendrez enchantés (je soussigné Muriel précise que j’ai coécris ce post…y’a que les idiots qui ne changent pas d’avis

15 September 2008
Notre passage de quelques jours chez les Ouighours dans le Turkestan chinois l’an dernier nous a marqué. Nous programmons donc d’y retourner en septembre. En espérant que vous partagerez l’aventure avec nous…
A très bientôt !

28 October 2007
Avant toutes choses, je veux vous remercier très chaleureusement d’avoir suivi avec nous cette aventure en Asie centrale…un merci particulier à tous les commentateurs sans lesquels j’arrêterais définitivement de bloguer !
J’ai aaaadoré ce voyage ! Et Massoud partage le même enthousiasme que moi. Nos meilleurs souvenirs sont même les situations où nous avons le plus galéré…le no man’s land entre la Chine et le Kirghizstan, la mer d’Aral…et bien sûr, les gens ! La plus belle aventure des voyages, c’est l’aventure humaine, la rencontre entre êtres de deux univers si différents.
Retour sur ces derniers jours … à Samarcande : ce que j’ai préféré à Samarcande , et de loin, a été la nécropole Cha-i-Zinda. C’est une longue avenue de tombeaux richement décorés (la plupart abritent les proches de Tamerlan). On dirait un bout de ville irréelle, magnifique. J’ai adoré m’y promener quelques heures et imaginer que les rues de l’ancienne Samarcande ressemblaient à cet endroit magique.
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A vrai dire, j’ai été déçue par Samarcande…sans doute que mes attentes étaient trop élevées. Le nom de cette cité mythique évoque tant de choses, tant d’exotisme oriental, de légendes, d’histoire.
Bien sûr, les monuments sont fabuleux, mais ils ne font que regretter de ne pouvoir se plonger dans la ville d’antan. Cette vieille ville a totalement disparu. Les monuments fabuleux sont désespéremment esseulés, entourés de larges routes soviétiques, de bâtiments tristes en béton, de jardins trop modernes, sans âme aucune (Je n’ai malheureusement pas eu la présence d’esprit de prendre des photos de la ville dans son ensemble, pour illustrer mon propos ).
Ici, la plupart des habitants de Samarcande n’ont que faire de leur patrimoine. Ces monuments fabuleux construits par leurs ancêtres si prestigieux, ils ne les regardent plus, ils ne les ont jamais regardé d’ailleurs. Notre jeune guide nous a même dit qu’avant de décider de faire ce métier (après un diplôme d’ingénieur qui ne lui donna aucun travail), il ne connaissait même pas le nom des monuments, Samarcande étant pourtant sa ville natale !
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J’ai personellement trouvé que le point fort de cette ultime étape àSamarcande était la vie dans la guesthouse où nous nous sommes installés (après un passage dans une guest’ très roots).
C’est Komil qui nous a donné l’adresse, l’Antica B&B. Cet havre de paix est dirigé d’une main de fer par les femmes de la famille. Il y a d’abord la grand-mère qui tient les finances avec poigne. Et puis ses deux filles qui sont les gérantes. Elles-même ont chacune une fille qui turbinent du matin au soir pour faire tourner la maison. Tout ça sans compter le nombreux personnel féminin qui les accompagne dans leur tâche.
Je me suis particulièrement liée d’amitié avec l’une des filles des gérantes (à gauche avec la veste en jean), nous l’appellerons Zioré car je ne me souviens plus de son prénom mais ça ressemblait à ça ! Elle parle parfaitement l’anglais. Elle a passé sa dernière année de lycée en Californie où elle a tellement cartonné qu’elle a reçu une lettre de félicitations du président Bush…elle était toute fière de m’expliquer ça. Elle est revenue il y a 1 an et depuis, elle ne fait que pleurer. Elle ferait n’importe quoi pour retourner aux Etats-Unis pour faire ses études supérieures…mais les femmes de la famille ont dit non ! Elle devra travailler dans la guesthouse !
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Il y a quand même un homme dans ce petit monde… Denis, notre guide, qui est un genre d’intérimaire dans la guesthouse. Il est donc né à Samarcande, de parents russes. Il a 25 ans. Il était super fier de montrer sa première voiture qu’il a acquis il y a 2 mois…une Lada qu’il a payé pas moins de 7000€ !
Passons aux choses sérieuses, il se passe quelque chose dans la guesthouse ! L’effervescence est à son comble ! Tahir (photo ci-dessous), un pakistanais de 33 ans qui vit en Estonie (il y a migré à 19 ans), était venu en vacances dans cette guesthouse par hasard il y a 6 mois. Là , il a fait la connaissance de Sarvy, 18 ans, employée dans la guesthouse (c’est la fille àdroite à côté de Zioré sur la photo ci-dessus). Depuis, ils ont communiqué par courrier, et là , il est revenu pour demander sa main !
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Mais l’affaire n’est pas si simple. La mère et la grand-mère de Sarvy sont d’accord, les femmes de la guesthouse approuvent cette union également, mais le père et surtout le grand-père de Sarvy sont réticents. Tahir marque certes des points avec son passeport européen et sa boutique de souvenirs, mais il a des défauts qui jouent contre lui: il est divorcé (d’une estonienne qui en était à son 3e mariage) et il a 2 filles de cette union. De plus, il n’est pas ouzbèque.
Alors voilà , nous avons vécu ces quelques jours au rythme des rebondissements de cette affaire, Tahir se confiant à nous.
Zioré avait pour rôle de faire l’intermédiaire entre Tahir et Sarvy. Même si les 2 tourtereaux étaient à 3 mètres de distance, ils ne se parlaient pas directement, Zioré faisant d’incessants aller/retour entre les deux !!
Pour l’anecdote, j’ai demandé à Tahir s’il pensait que Sarvy l’aimait, et il m’a répondu que la veille, il avait donné sa chemise à laver à la guesthouse; et que Sarvy avait insisté pour que ce soit elle et non une autre fille qui la lave !!
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Hier, Tahir n’avait vraiment pas le moral. Il trouvait Sarvy très distante. Etant dûment chapronnée, elle avait finalement été autorisée à nous accompagner pour la visite du tombeau d’Al-Boukhari ( fameux récolteur de hadiths). Tahir, comme à chaque fois que nous avons croisé un imam, a glissé dans la main de celui-ci un billet pour qu’il fasse une prière pour que le grand-père de Sarvy accepte cette union !
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L’après-midi, nous sommes allés visiter le tombeau du prophète Daniel. La légende raconte que son squelette grandit de 72 cm par siècle ! Ainsi, le tombeau mesure pas moins de 18 mètres !! Quand on entre dans la pièce, on ne peut s’empêcher d’exploser de rire ! On dirait un cartoons ! Comme à chaque monument qu’on visite en Ouzbékistan, il y a une superstition: si on fait 3 fois le tour du tombeau, le voeu qu’on formule alors se réalise. sur la photo, on voit Tahir qui se recueille après avoir terminé ses 3 tours effectués avec empressement !
Aujourd’hui même, Tahir aura la réponse du grand-père…malheureusement, nous serons déjà partis. Notre voyage s’achève…je sens que quelques jours de blues m’attendent à Paris ! Il sera alors temps de recommencer à rêver à d’autres horizons!
Pour ceux qui ont aimé les photos, je fais des expos à Paris, envoyez-moi un mail et je vous donnerai plus de détails !
A très bientôt !
8 October 2007
En apparté: pour ceux qui aiment les vidéos, on en a rajouté une sur le post de Kashgar…
Entre Khiva, Boukhara et Samarcande, notre voyage a changé de visage. On est largement rentré dans les circuits touristiques (les français représentent d’ailleurs la 1e nationalité des touristes en Ouzbékistan), ce qui limite la part d’aventure, d’imprévu, de rencontres insolites. Ces villes n’en sont pas moins magiques, mais comme il ne nous arrive aucune anecdote particulière, tout ce qu’on a à vous raconter est d’ordres historique et culturel…et je sais combien il en faut peu pour que ça fasse déserter tout le monde du blog !
En arrivant, on a pas tardé à trouver un endroit de rêve où poser nos valises dans la vieille ville de Boukhara. La maison date du XIXe et appartient depuis sa construction à la famille de Komil, qui en est maintenant le gérant. Il est jeune, serviable, toujours grand sourire…cette adresse est un délice !
Le décor de la salle à manger est d’origine…époustouflant ! Le style rappelle énormément les palais indiens.
De par son passé lourd d’histoire et malgré le fait que la ville ait été rasée à plusieurs reprises, Boukhara regorge de monuments classés (140 au total). Malheureusement, par manque d’entretien, beaucoup tombent en ruine. Ils rappellent cependant le passé glorieux de la ville.
En effet, parmi les grandes personalités du monde musulman issues de Boukhara et connues en Europe, on peut citer Ibn Sina (Avicenne), connu pour son “Canon de la médecine” qui a longtemps été une référence dans le domaine de la médecine en Europe; mais aussi Al Biruni, astronome; Omar Khayyam poète et astronome ayant créé le calendrier persan; ou encore Al Khawarizmi, mathématicien à l’origine des algorithmes.
De ce passé glorieux, les habitants de Boukhara - mais aussi ceux de Samarcande - ont aussi gardé le persan comme langue. On a donc tous été ravis de profiter du savoir de Massoud qui parle le persan, pour communiquer avec les habitants.
Bien que la modernité ait immanquablement touché la ville et malgré le manque d’entretien, Boukhara garde un charme fou.
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Le minaret Kalon (grand), construit au XII ème siècle, est l’un des plus important monument de Boukhara. Il mesure 47m sur 10m de fondation et repose sur des roseaux qui agissent comme un coussin anti-sismique. On dit qu’il fit si grande impression sur Gengis Khan qu’il décida de l’epargner alors qu’il rasa entièrement le reste de la ville.
On appelle ce petit monument “Char Minor”, c’est-à-dire “Quatre minarets”…alors qu’en fait, les tours ne sont pas des minarets. Il servait en fait de bibliothèque pour une madrassa (école religieuse) qui n’existe plus aujourd’hui. Vous trouvez pas qu’on dirait un chateau tout droit sorti d’un dessin-animé?
L’Ark est la plus vieille structure de Boukhara. Il fut occupé comme cité royale sans interruption du V ème jusqu’en 1920.
En 1920, l’aviation bolchévique frappa pour détruire la citadelle à 80%. Lors du bombardement, les habitants de Boukhara qui pour la première fois voyaient des avions, ont cru que c’était la fin du monde.
Pour quelques billets, le gardien a accepté de nous montrer la zone dévastée qui n’a pas bougé depuis 87 ans… tristement impressionnant.
Boukhara fut le principal centre religieux d’Asie Centrale pendant plusieurs siècles. En témoignent de nombreuses mosquées comme celle ci-contre.
L’habit traditionnel d’alors fait maintenant partie du folklore (heureusement !)…Lauren a voulu l’essayer, et malgré les apparences, il parait que la vue n’est presque pas altérée par le grillage.
La religion ne fait aujourd’hui plus autant d’adeptes. La pratique du Ramadhan et la fréquentation des mosquées ne sont pas dans le top 10 des choses à faire ! Il est cependant bien probable que le facteur répression y joue un rôle. En effet, lors d’un conversation avec un chauffeur de taxi, il nous avoua qu’il aurait bien aimer porter une barbe mais que cela lui aurait valu d’être fiché comme fanatique par le gouvernement, et ainsi persécuté.
Boukhara est une ville très agréable en fin de journée pour prendre un thé, manger un délicieux shashlik (brochette de viande) ou tout simplement un épis de maïs à la sauvette!
Avec ses nombreux stands de brocante, Boukhara est aussi très agréable pour les fin de journée shopping.
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Dernier regard sur la ville avant de reprendre la route pour Samarcande. _thumb.jpg)
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3 October 2007
On se trouve au Karakalpakistan, une province autonome située dans le nord de l’Ouzbékistan. Le peuple Karakalpak aurait souhaité avoir son pays tout comme les autres peuples d’Asie centrale à la chute de l’URSS. Mais la tentative échoua et la région fut intégrée à l’Ouzbékistan.
Il est 23h30, après de nombreuses péripéties, on arrive dans l’unique hôtel de la ville de Moynaq; un hôtel qui dans le temps avait vue sur la plage. D’extérieur, il n’a rien de moins que la laideur des vieux hôtels communistes et encore, de nuit on ne distingue pas tout. Mais un pas à l’intérieur m’ôta toute envie d’y passer la nuit. Les murs sont sales et délabrés, il n’y a plus de poignées aux portes, le mobilier est complètement pourri, ce que l’on peut appeler le hall d’entrée est squatté par de nombreux jeunes hommes travailleurs en habit orange flashy perdu dans les nuages de fumée de leur cigarettes. Tous les regards se dirigent vers nous ! Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Avec lassitude, l’un des gars rempli un seau d’eau qu’il monte à l’étage, l’eau ne doit pas arriver à toutes les chambres … la lumière non plus d’ailleurs, ils ont des lampes torches avec eux . Plus tard, en lisant mon guide, j’apprendrai que les toilettes et les douches de l’hôtel se trouvent dans le jardin, mais qu’il est déconseillé de prendre une douche car il s’agit d’eau de pluie stockée dans un bidon rouillé.
Ce que nous voulons … ? euuhhh, déjà nous voudrions quelqu’un qui parle anglais !
- Oh you speak english !?
- Yes a little bit, do you need a room?
- Not exactly (sourire embarrassé) … je me rabats sur notre plan n°2 très incertain…nous cherchons la maison de Tamara et sa fille Aïdé…
Nous avions eu par des routards à Tashkent le nom d’une habitante de la ville qui pouvait éventuellement héberger des hôtes. Donc au vu de l’hôtel, même s’il était tard et que cette ville parassait totalement fantôme, nous préférons tenter autre chose. De toute manière, il sera difficile d’être dans un lieu plus sinistre que ce taudis.
20 minutes plus tard, tout le monde dort déjàdans la maison, mais Tamara se réveille. Elle est d’accord pour nous installer dans son salon. Elle se lève et nous prépare des lits en plaçant des matelas par terre._thumb.jpg)
Rien ne manque dans ses actes pour certifier de son hospitalité et de sa gentillesse. Les fenêtres ne ferment pas bien et laissent passer des courants d’air très frais, mais les draps sont propres !
A l’aide de notre lampe frontale, nous évitons le chien et nous frayons chacun à notre tour un chemin jusqu’au trou qui sert de toilettes au fond du jardin. Une fois arrivé, il faut avoir le coeur bien accroché!
Ce n’est qu’au petit matin que l’on découvre notre gîte. Une jolie petite maison de pêcheur de style russe, fabriquée avec du bois de Sibérie. Mais plus pour très longtemps. En effet, Tamara a décidé de tout raser pour reconstruire une maison plus moderne.
Son fils Aziz a pour corvée quotidienne de receuillir l’eau dans le maximum de bacs possibles pendant l’unique heure par jour où Moynaq a accès à l’eau.
Malgré les difficultés de communication (on parlait beaucoup avec les mains), on a eu un super échange avec Tamara, notamment autour des délicieux plats qu’elle nous avait concoctés.
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Mais que faisons-nous à Moynaq? La ville était autrefois le plus grand port sur la Mer d’Aral (on voit encore le panneau à l’entrée de la ville arborant le poisson).
Les maisons ont un style bord de mer, on s’attend à chaque détourt de rue à tomber face à une grande étendue bleue.
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Mais aujourd’hui, Moynaq c’est un village à l’agonie. Il est déserté par de nombreux habitants à cause du manque de travail et d’infrastructures, mais aussi à cause de la polution due au retrait de la mer. Les seules personnes que l’on croise dans les rues sont quelques enfants et beaucoup de vieux.
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En effet le volume de la mer a été divisé par 5 entre 1960 et 1992. Les taux de mortalité dûs à l’anémie et à la tuberculose sont les plus hauts au monde…2000 personnes meurent chaque année de la tuberculose.
La faute à qui ? En grande partie aux plans désastreux de l’ère communiste. Dès les années 20, Staline impose à l’Ouzbékistan la monoculture du coton (très gourmande en eau). Si bien que tous les cours d’eau censés se jeter dans la mer d’Aral étaient presque àsec lorsqu’ils arrivaient en bout de course. Conséquence: la mer, n’étant presque plus alimentée, s’est petit à petit retirée.
Moynaq qui était un port autrefois se trouve maintenant à plus de 150km de la mer ! Les eaux se sont retirées, le sable et la steppe ont pris place.
Les bateaux qui n’ont pas eu le temps de suivre le niveau de l’eau sont échoués. Vision invraisemblable de bateaux de pêche et de transport de marchandises rongés par la rouille et plantés dans l’herbe et le sable. Le retrait de la mer a sonné le glas de Moynaq qui est devenu le cimetière de ses bateaux.
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Difficile d’imaginer cette mer qui autrefois était si étendue que des ouragans frappaient. Difficile aussi d’imaginer qu’elle a sauvé de la famine la Russie dans les années 20 grâce à l’abondance de ses poissons.
Que doivent ressentir ces anciens pêcheurs qui autrefois naviguaient sur cette mer et qui aujourd’hui la traversent à pied ou à dos d’âne…
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29 September 2007
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Quelques jours de repos bien mérité à Osh (Kirghizstan).
Images conceptuelles dans la ville.
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Au fait, on avait complètement oublié qu’on était sur la route de la soie jusqu’à voir à Osh ce mini-stand vendant de la soie au mètre avec motif traditionnel.
Nous avons ensuite tranversé la vallée du Ferghana pour nous rendre à Tashkent, point de rendez-vous avec nos deux amis, Jérôme et Lauren.
Déjeuner dans un fast food financé par des intérêts turcs, comme une bonne part de l’économie en Asie centrale.
Petit tour au change de rue… les dévaluations successives de la monnaie ouzbek ont fait d’elle une monnaie de singe, le moindre achat se négocie en milliers de "som" ouzbek. On a d’ailleurs été très embarassé d’être la cible de tous les regards lorsque le changeur de rue est revenu nous apporter un nombre impressionant de liasses de billets contre quelques centaines d’euros.
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La suite du voyage continue à l’ouest du pays dans la redoutable cité de Khiva.
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Au siècle dernier, la cité de Khiva évoquait les caravanes d’esclaves (russes pour la plupart) et les tribus sauvages des steppes turkmènes. Si le voyageur étranger survivait à la traversée du désert infesté de nomades hostiles, une fois arrivé à Khiva, sa vie dépendait encore de caprices des khans qui gouvernaient par la terreur. Le moyen de torture le plus tendance de l’époque était d’enfermer les proscrits dans un sac avec des chats sauvages! Aujourd’hui, c’est une petite bourgade dont le centre est l’un des mieux conservés du monde musulman..en termes d’architecture ( et avec l’aide de l’Unesco).
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Parmi les édifices les plus importants, on a le Kalta Minor (Minaret Court). L’histoire de son architecte est un standard dans la région … Le khan de Khiva décida de faire édifier un minaret de 70m qui devait ainsi devenir le plus haut du monde musulman. Mais sa construction fut abandonnée à 26m. Une légende raconte que l’architecte aurait secrètement accepté de construire un minaret encore plus grand pour le khan de Boukharra et qu’il aurait été jeté du haut du minaret pour cette trahison.
L’architecte du palais du khan n’a pas eu meilleur sort. Quand il a osé suggérer que 2 années étaient insuffisantes pour bâtir les 163 pièces et 3 cours… il fut aussitôt empalé ! Son successeur l’a finalement terminé au bout de 8 ans, avec la participation de 1000 esclaves.
Le harem (photos ci-contre) est particulièrement esthétique.
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Au détour d’une rue, nous pénétrons dans l’antre d’un atelier de tissage de tapis.
La coloration de la laine est la première étape.
Devinez par quelle potion magique on obtient cette couleur jaune !?
…. avec de la pelure d’oignons !!!
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A la grande époque des khans de Khiva, le chapeau tradi turkmène en peau de mouton, était très fashion. On s’est dit qu’on pourrait relancer la mode, qu’en pensez-vous? En tout cas, Massoud est emballé, adieu la crête !
La nuit tombe sur Khiva… il déjà temps de poursuivre notre route ….
26 September 2007

Maman, tu as raison, on vous parle de notre itinéraire sans jamais montrer de carte. Alors voilà, le trait rouge représente ce qu’on a fait pour l’instant (source de la carte: Lonely Planet).
Kashgar, Chine. Il est 05:45 du matin le réveil sonne. Il faut vite se lever, le chauffeur nous attend ! Nous avons prévu un départ tôt pour ne pas arriver tard à Osh au Kirghizstan. Environ 500 km nous séparent de notre destination.
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06:20: Check out terminé, le taxi file en direction du col d’Irkechtam qui est un point de passage entre la Chine et le Kirghizistan. La trajet est long, trois à quatre heures de route. On en profite pour finir notre nuit dans le taxi. Quand, de temps en temps, tout engourdis, on ouvre un oeil, ce sont des paysages de toute beauté qui s’offrent à nous dans cette brume matinale; et des scènes tout aussi magiques comme cette lente caravane de chameaux que nous dépassons.
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9:45: Premier post de contrôle chinois. Deux douaniers enregistrent les passages. Le premier vérifie les passeports, le second qui a tout au plus 16 ans approche de nous avec un large sourire pour nous montrer son premier grade sous son lourd manteau vert militaire; avant de retourner à la tâche qu’il avait trouvé pour se montrer utile, à savoir passer le balai sur le bitume poussiéreux.
La route monte, la température descend. Quelques kilomètres plus loin, on arrive au poste frontière chinois. De nombreux camions de marchandises attendent déjà. il est 10 heures du matin, les fonctionnaires chinois ne sont pas encore sur leur lieu de travail. Nous sommes à la lisière de deux mondes. Des inscriptions en chinois, en russe ,mais pas grand chose en anglais. Difficile de se faire comprendre. Au passage, merci à Ben avec son “Point It” qui nous a sauvé à plusieurs reprises.
10:30: les premiers fonctionnaires arrivent et s’installent. Pas trop vite non plus… Le temps ici n’a pas autant de valeur qu’à l’ouest. Je vais vers l’un d’entre eux et l’interpelle au sujet du passage. Miracle: il se débrouille en anglais !! On en profite pour échanger quelques mots.
- You french you french !? en regardant nos passeports
- Yes yes …
- Ahh France… Paris, very romantic !
- Je souris. And you? Are you ouighour ? Do you live out there?
- No, me Han, me live to Kashgar. Puis il enchaîne avec empressement: Do you know Alize ?
- mmh…No, I don’t know what it is.
- Alize, she is french, singer, singer…come come, my office !
Quelques minutes plus tard, je me retrouve dans le bureau d’un garde rouge hautement gradé. Là, il cherche quelques fichiers sur son ordinateur puis il augmente le son..
- Look look, Alize, Alize ! I love Alize !
J’explose de rire ! A l’écran, un clip vidéo de la chanteuse Alizé sur France 2 . Voilà, il a fallu que j’aille jusqu’en Chine pour entendre parler de la chanteuse française Alizé !
Il continue en passant en revu plusieurs clips, pas peu fier de me montrer qu’il possède tous ses titres.
Cet offier chinois me devient bien sympathique. Voyant son admiration pour Alizé et son amour pour la France, je décide de lui offrir deux précieux cadeaux du stock de Tours Effeil que Lauren nous a donné avant de partir !! Après avoir discrètement vérifié qu’il n’y avait pas gravé “Made in China” sur mes Tours Eiffel, je lui tend un porte-clé + une Tour Eiffel de 20 cm avec écrit “Paris” à la verticale.
Effet réussi ! L’officier est très touché et trop heureux.
30 minutes plus tard, nous sommes dans le rang du contrôle des passeports quand un japonais en habit traditionnel vient vers moi et tout content me demande si je parle anglais. Ouf ! il est sauvé, il en a assez de parler avec les mains et des dessins depuis 5 jours qu’il se trouve en Chine; et est trop content de trouver des compagnons d’infortune. Comme nous, une fois sorti de ce poste frontière, il ne sait pas comment atteindre la frontière kirghize distante de quelques 7 km.
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On se retrouve dons quelques minutes plus tard, dehors, les passeports fraîchement tamponnés à la main, ne sachant comment parcourir ces 7 km dans la montagne. C’est juste à ce moment qu’une belle voiture arrive en trombe et s’arrête devant nous. Dedans, notre officier francophile ouvre la fenêtre de sa voiture personnelle et nous fait signe de monter ! Ouf, nous sommes sauvés ! Merci Alize, merci Lauren, merci Gustave Eiffel !
4 km plus loin, la voiture s’arrête. Nous commencons à nous inquiéter car nous ne sommes pas arrivés au Kirghizstan. Notre ami nous fait signe de descendre et nous fait ses adieux avec un peu de retenu devant ses collègues. Nous comprenons alors: c’est la vraie fin du territoire chinois. On se trouve dans la zone démilitarisée entre les deux pays, un no man’s land qui porte bien son nom. Seule solution…continuer à pied sur cette terre aride et ce soleil qui commence à peser.
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Quelques km plus loin, premier check point kirghize. Là, les premiers militaires kirghizes nous stoppent net : le reste du trajet doit obligatoirement se faire de façon motorisée, que ce soit en camion, en voiture, à moto ou même à vélo…mais pas à pied ! . Devinez pourquoi ? Simplement parce que les militaires ont monté un business avec les villageois voisins. Ils nous obligent à utiliser les taxis locaux et reçoivent une com au passage par les chauffeurs. C’est ainsi qu’un véhicule arrive et nous propose un prix exhorbitant pour nous emmener à Osh, 250 km plus loin. Nous rouspétons, refusons et décidons de nous installer tranquillement ici pour montrer aux militaires que nous camper ici plutôt que nous faire arnaquer de la sorte ! Une demi-heure plus tard, une lada arrive au loin. Le militaire embarrassé arrive vers nous et arrête le véhicule. Il ordonne alors au conducteur de nous emmener gratuitement quelques km plus loin au dernier poste frontière khirgize.
14:30: nous sommes enfin au Kirghizstan ! Le temps passe très vite et nous n’avancons pas. Il va falloir se dépêcher. De l’autre coté du poste frontière kirghize, c’est un monde irréel qui nous attend. Au milieu de nulle part sur la planète Terre, en haut d’une montagne aride, un paysage lunaire jonché de carcasses métalliques, des caravanes ou wagons de train d’un autre siècle, d’un autre monde emmenées là par des hommes et des femmes pour élir domicile.
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Routes non goudronnées, défoncées; poussière partout, infrastructures complètement délabrés…c’est une ville surgit brusquement qui est comme à l’agonie.
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Ces gens sont sans doute venus ici pour vivre des possibilités de business liées au poste frontière. Ainsi, la plupart des hommes servent de taxi vers Osh. Ils savent très bien à quel point les touristes ont besoin d’eux. Il y a ainsi une entente mutuelle pour faire flamber les prix.
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Pendant que le japonais et moi s’évertuons à trouver un chauffeur un peu plus clément, Muriel s’aventure loin entre les carcasses avec son appareil photo. C’est ainsi qu’elle se lie d’amitié avec une poignée de femmes exhibant toutes un large sourire de dents en or, trop amusées de voir leur reflet sur l’écran de l’appareil photo.
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Elle me fait signe de venir, nous sommes invités à boire le thé. Nous déposons alors sur la table notre imprimante magique. Commentaires taquins et éclats de rire fusent lorsque les femmes obtiennent leur photo sur papier. Mais il est temps de repartir…
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Combien de temps plus tard, je ne saurais dire, le japonais réussi à négocier un transport jusqu’à Osh. Tout fier il vient nous parler de son deal.
- A guy is ok to take us with him for only 500 som (10€). He talked about a Kamaz.
Je m’étonne ! :
- A Kamaz ? Do you know what is a Kamaz ?
- No but this is our unique solution…
Je me retourne vers Muriel : Il veut qu’on fasse le trajet en Kamaz !!
- C’est quoi un Kamaz ?? Pourquoi pas??
- C’est un fameux camion de l’époque soviétique. On va mettre énormément de temps pour arriver à Osh… et encore, s’il arrive au bout !
Certes, quoiqu’il en soit, on n’a pas le choix. Le chauffeur refuse d’ouvris l’arrière de son camion. Seule solution…attacher nos sacs sur le toit, comme on peut ! Inchallah, ça tiendra bon ! !
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15 :30: tout est prêt, on démarre, c’est donc environ 250 km qui nous attendent pour rejoindre Osh, le centre économique du pays. Le chauffeur affirme que l’on sera à Osh vers 23h.
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On n’est pas très à l’aise dans le camion, ça secoue énormément, le bruit du moteur est assourdissant surtout en montée mais on va essayer de dormir un peu…
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Au bout de 20 km, plus possible de dormir. La route est vraiment trop mauvaise. Des nids de poule un peu partout sur une route qui n’a peut-être jamais été goudronnée ou peut être il y a très longtemps … On roule au mieux à 20 km/h… et encore ! On speed comparé aux autres routiers. En roulant à 20km/h, on dépasse d’autres Kamaz, donc imaginez leur vitesse !
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Notre foi n’a pas suffit pour exhauser nos prières, la route aura été aussi cahoteuse du début à la fin. Durant le trajet, on aura croisé de nombreux Kamaz de toutes les couleurs, avec une préférence pour le vert kaki. Beaucoup d’entre eux sont en panne au bord de la route. Aprsè quelques heures de route, un Kamaz se “déraille” et se renverse quelques minutes avant que nous passions.
Puis au fil de la route, des camps de yourtes paisiblement installés, des chevaux sauvages, six villages et 2 Lada, une blanche et une bleue.
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Petit break en fin de journée dans un café esseulé lorsque le chauffeur croise par hasard son frère sur la route.
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On commence à vraiment apprécier ce voyage irréel, malgré la fatigue, la chaleur et la route cahoteuse. Notre chauffeur, Hadji, sort une cassette de sa manche, souffle dessus pour en ôter un peu de poussière et enclenche la musique, volume à fond ! On commence à danser, à rigoler ( voir la vidéo ci-dessous). Hadji nous mime le coup de boule de Zidane ! En un mot, inoubliable !
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19 :32: C’est le couché du soleil, notre chauffeur veut prendre une pause pour rompre son jeûne de Ramadan. C’est seulement la 2e personne que l’on rencontre durant notre voyage qui jeûne pendant le Ramadan! On s’arrête devant un petit boui-boui local! Du pain, du yaourt ailé, du thé, de la soupe au gras de boeuf, des raviolis kirghizes. On se régale à 4 pour 179 som (=3,40€)!
Ce n’est qu’en sortant du restaurant que l’on réalise qu’on a mangé dans un restau routier local. Il a, en effet, fallu partir à la lampe torche, à la recherche de notre véhicule dans une forêt de Kamaz.
On reprend la route, le racket des automobilistes commence avec les contrôles policiers incessants. Ici au Kirghizstan, on trouve les policiers les plus corrompus d’Asie Centrale.
01:30 du matin: Hadji arrête son camion à un poste de contrôle et part dans la petite cabane des policiers. Une heure plus tard, il n’est toujours pas revenu. On commence à criser, on redoute de devoir dormir dehors si on arrive trop tard à Osh. Je descend du camion pour aller voir ce qu’il se passe. On pensait que les policiers faisaient des misères à notre chauffeur. En fait, je les trouve assis sur des lits buvant du thé et regardant un téléfilm à l’eau de rose ouzbèk à la télé. Je repars vers le camion et quand je dis ça à Muriel. Elle crise ouvertement. Elle descend, s’y rend à son tour et se met à jouer la comédie:
- Please please, hotel Osh hotel Osh, no sleep outside, répète-elle les mains jointes en prière en feignant de gros sanglots.
Effet radical, les policiers et le chauffeur paniquent ou sont attendris, je ne sais. En tout cas, 2mn plus tard, le camion repartait enfin.
03:00 du matin: Hadji nous dépose au milieu de nulle part sur le bord de la route un peu avant l’entrée de la ville. Il nous dit que son contrat n’était pas de nous emmener jusqu’à un hôtel ! Après âpres discutions, on fini par monter sur le toit du camion pour récupérer nos baggages méconnaissables tant ils sont blancs de poussière. On ne lui donne pas tout son dû. Il arrête un taxi que l’on croit alors salutaire dans cette déserte; puis il part.
Là, au milieu de la nuit, épuisés, nous reprenons les négociations avec ce voleur de chauffeur de taxi qui profite bassement de notre dure circonstance. Il sait qu’on a besoin de lui alors il fait encore flamber les prix. On s’énerve tous. Je finis par descendre, préférant dormir là plutôt que d’accepter cette exploitation audieuse. Là, il se ravise subitement, et accepte de nous emmener à un hôtel pour le prix convenu.
03:30 du matin: Enfin à Osh !! Le bus de Kashgar faisait le trajet jusqu’à Osh en 18 heures de temps. Dire qu’on pensait faire ce trajet en 9 heures de temps si on s’y prenait par nos propres moyens !
04:00 : Epuisés, nous toquons vigoureusement à une porte et là, un aubergiste endormi nous accueille gentiment. On est dans une chambre d’hôtel très rudimentaire, avec douche et sanitaire en commun… mais ça nous parait être Versailles ! On s’écroule… on verra demain ce qu’on fera, à chaque jour suffit sa peine !
25 September 2007
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A l’est de Kashgar, la route de la Soie se divise en deux voies à la lisière de l’immense désert de sable, le Taklamakan. La voie méridionale n’est pas facilement accessible. Elle est jalonnée de cités abandonnées, englouties par le sable où délaissées en même temps que le commerce de la soie.
Nous n’avons eu que le temps de pousser jusqu’à la petite ville de Yarkand, aux portes du désert. Là encore, difficile de se rappeler que nous étions en Chine, et au XXIe siècle de surcroît ! Ce fût un voyage dans le temps fascinant.
Tout d’abord, nous avons franchi quelques dunes et nous sommes restés là, dans le calme envoûtant et l’immensité du désert…quelques grammes de bonheur et de médidation avant d’attaquer une nouvelle année (ma dernière rentrée de fac…).
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Nous avons ensuite commencé notre ballade dans la ville en passant par la mosquée Altyn (XVIe siècle). Au fait, tu as raison maman, nous n’avons pas beaucoup de photos de la vieille ville de Kashgar; simplement parce qu’on la à chaque fois visitée le soir, et la lumière ne suffisait plus pour prendre des photos. Ci-dessous plus de photos d’une vieille ville ouighour, celle de Yarkand.
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Derrière la mosquée, un cimetière musulman s’étendait à perte de vue.
Ensuite, nous avons flâné dans les rues, entre petits commerces et rues désertes.
On s’est régalé de leur pain tout chaud à la graisse de mouton karakul.
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Petit concert de doutar improvisé dans la rue des artisants. On se demande comment le musicien arrive à émettre tant de sons avec seulement deux cordes !